La Nuit de la Tigresse

2.6.2018
Zoo Galerie, Nantes
Pour cette Nuit de la Tigresse, Aziyadé Baudouin-Talec réunit avec Patrice Joly des artistes, écrivains et performeurs autour de l’écriture et de son « actionnement » par le corps dans l’espace vide de la Zoo Galerie. Cet espace, entre deux expositions, laisse une liberté totale à neuf artistes qui viendront explorer le mouvement de l’écriture dans l’esprit sauvage et énergique qui caractérise à proprement parler « La Nuit de la Tigresse ». On désire l’ensauvagement des espaces, le bruit et le tumulte, le saccage et la jouissance au milieu des feuillages invisibles de cette galerie immaculée. Les artistes créeront leur propre scénographie et rempliront le silence de leur voix, murmures, frôlements, cris, râles, souffles, soliloques, sifflements, grognements, rugissements et encore toute une palette de bruits indescriptibles et de mots vibrants par à-coup.
Cette Nuit de la Tigresse souhaite déployer une énergie intense et créer une fête de la langue et du mouvement au sein de la Zoo Galerie. Les artistes et écrivains sont invités à proposer des lectures ou lectures-actions d’une durée variant entre 15 et 20 minutes.
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Biographies des artistes

Marcel Devillers

Hilary Galbreaith

Plutôt que de transformer l’écologie en sujet artistique, il faudrait commencer par l’appliquer à l’échelle des modes de production, du transport et du stockage des œuvres. Cette économie de moyens établit la condition esthétique do-it-yourself du travail de Hilary Galbreaith, proche du cinéma primitif et du fanzine. Issue d’une famille californienne de militaires, passionnés de science et technologie, elle s’intéresse à la capacité de la science-fiction à construire des hypothèses qui transforment notre rapport aux espèces, au non humain, au corps ou au langage. Dans la vidéo « The Garden », elle met en scène un concours de télé-réalité avec des humains transformés en insectes. Leur désir d’un « retour à la nature » pour former des communautés anarchistes se trouve finalement contrôlé par les valeurs de la classe moyenne. Pourtant, si pour l’artiste le « jardin » symbolise la culture du faux, cela lui permettra de dépasser l’opposition nature/culture et d’identifier un réel besoin pour un mode de vie post-capitaliste et décroissant. Plutôt que le cynisme, l’artiste place le désordre et le grotesque carnavalesque à l’intérieur des contradictions d’un monde techno-bureaucratique. Qu’il s’agisse de prothèses qui contrôlent les odeurs, d’un jeu sexuel de réalité virtuelle qui devient sadique ou d’entreprises qui agissent comme des oeuvres conceptuelles (« Golden Hole »), de deux sorcières plongées dans un univers mutant où le design scandinave devient l’esthétique de l’horreur (« LifeHack2 ») ou d’une web-série publiée par l’artiste sur Instagram inspirée d’un film féministe underground qui met à mal le phallocentrisme d’humains-saucisses (« Sausageland »), le travail de Hilary Galbreaith fait l’autopsie des systèmes de pouvoir biopolitiques. | Pedro Morais, 2020 hilarygalbreaith.net

Clément Delhomme

Je suis né au Creusot en 1988. À ma majorité, je travaillais dans une fonderie, j’y touillais des soleils mous dans des trous bétonnés et je m’y affûtais l’organe de la vanne autour des machines. Je passais mes soirées dans un bar fréquenté par une bande d’étudiants aux beaux-arts, nous sommes devenus amis, j’avais mis les bouchées doubles pour les conquérir, faut dire qu’en tant que métallos, j’avais du complexe à dépasser. J’ai infiltré les beaux-arts l’année suivante. J’ai essayé tout un tas de trucs, mais ce que j’aimais, c’était écrire et faire de la musique, ça n’a pas changé. Maintenant j’habite à Bruxelles dans un bâtiment drôle avec des seigneurs de la récup, j’y écris un livre, tâchant d’œuvrer à une certaine transformation.

Aziyadé Baudouin-Talec

Aziyadé Baudouin-Talec est née en 1989 à Paris. Après des études littéraires et théâtrales à La Sorbonne Nouvelle – Censier, Paris 3 et une formation de comédienne, Aziyadé Baudouin-Talec écrit (théâtre, littérature, poésie) et met en scène en créant la Compagnie Apparatus. Elle s’éloigne progressivement du théâtre pour se consacrer à l’écriture et penser des rapprochements entre littérature, art contemporain et danse contemporaine au travers de lectures-actions. Elle crée Les écritures bougées, structure de production et de diffusion de la littérature contemporaine dans le cadre de laquelle elle invite auteurs, artistes, chorégraphes, réalisateurs et musiciens à produire des lectures-actions.

Arnaud Guy

Valentina Traïanova

Valentina Traïanova est artiste, performeuse et chanteuse. Née à Sofia (Bulgarie), elle vit à Paris. Elle est arrivée en France en 1996, à Nice, où elle se fit passer pour une championne de planche à voile avant d’y poursuivre ses études à la Villa Arson. Son travail a notamment été présenté à La Maison rouge - Fondation Antoine de Galbert, au Palais de Tokyo, au Cneai, aux Laboratoires d’Aubervilliers, à Bétonsalon, au Centre Pompidou-Metz, au Mac/Val, au MUDAM (Luxembourg), au MNAC (Bucarest, Roumanie), à la Schauspiel de Cologne (Allemagne), au S.M.A.K. (Gand, Belgique), à l’UBA et à The Fridge (Sofia, Bulgarie). L’une de ses récentes performances, Arrivederci (2018), a été notamment présentée à la Zoo galerie, la Monnaie de Paris et la Sofia City Art Gallery (Sofia, Bulgarie) dans le cadre d’une exposition personnelle intitulée UOOOOooooOO.
Lien vers Soundcloud: https://soundcloud.com/valentinatraianova